Objectif Terre
Universite Laval

Réunion des ministres de l’Environnement de l’OCDE

Paris (France)
29 et 30 mars 2012

Comité des politiques d’environnement

Cérémonie d’ouverture de la réunion des ministres de l’Environnement sur le thème « Concrétiser les promesses de la croissance verte ». Photo: OCDE/Andrew Wheeler

Au cours de cette réunion du Comité des politiques d’environnement (EPOC), les ministres de l’Environnement des pays membres de l’OCDE et leurs représentants, de même que leurs homologues de l’Union européenne, du Brésil, de la Chine, de la Colombie, de l’Indonésie, de la Russie et de l’Afrique du Sud, ont examiné la mise en œuvre de la Stratégie de l’environnement de l’OCDE pour les premières années du 21e siècle et discutée des priorités devant conduire les actions de l’OCDE dans le contexte de la Conférence de Rio +20 et au-delà.

Dix ans après l’adoption, en 2001, de la Stratégie de l’environnement pour les 10 premières années du 21e siècle, les hauts responsables ont fait le bilan des progrès accomplis par les pays de l’OCDE. Ces progrès incluent, notamment, la réduction des émissions de certains polluants atmosphériques, l’atténuation des pressions imputables au secteur agricole, la restauration de nombreux cours d’eau et l’augmentation de la superficie d’aires protégées. Les ministres et leurs représentants estiment cependant que ce bilan est insuffisant pour préserver l’intégrité des écosystèmes et éviter de dépasser certains seuils critiques. En outre, même s’ils demeurent responsables de 80% des émissions de combustibles fossiles, ils constatent que leur capacité d’influer sur l’état de l’environnement mondial est amputée par le glissement des moteurs de la croissance économique (et des pressions environnementales associées) hors de la zone OCDE. À la lumière de ces discussions, les ministres ont convenu de soumettre un Message sur la mise en œuvre de la Stratégie au Conseil ministériel de l’OCDE (Paris, 23 et 24 mai 2012). Ils reconnaissent l’urgence d’adopter des politiques plus ambitieuses qui, pour être acceptables et efficaces, devront tenir compte des aspects économiques et sociaux. Par conséquent, ils souhaitent que la Stratégie pour une croissance verte guide désormais l’intégration des politiques environnementales et économiques des membres de l’OCDE. Ils notent cependant que la Stratégie de l’environnement doit demeurer un « point de repère » et que ses principaux objectifs demeurent valables.

À l’approche du prochain « Sommet de la Terre » (voir notre dossier), les pays de l’OCDE et la Fédération de Russie ont également adopté des Conclusions politiques à l’intention de la Conférence Rio+20 dans lesquelles ils relèvent la contribution des travaux de l’OCDE sur la croissance verte aux discussions sur « l’économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté », un des deux thèmes de Rio +20. Cette déclaration met en relief la panoplie d’instruments développés par l’OCDE pour faciliter et mesurer la transition vers une croissance sobre en ressources. Les ministres espèrent notamment que Rio +20 sera l’occasion de recueillir une vaste adhésion en faveur des « indicateurs de la croissance verte » élaborés par l’organisation en vue de compléter le PIB. Par ailleurs, en réponse aux appréhensions de certains pays qui craignent l’instauration de mesures de « protectionnisme vert », les ministres s’engagent à faire en sorte que la croissance verte, le libre-échange et la liberté d’investissement se renforcent mutuellement. Nonobstant, ils conviennent qu’il faut éviter le transfert de productions polluantes vers des pays appliquant des réglementations moins strictes. À cette fin, ils s’accordent sur la pertinence de renforcer la coopération internationale pour favoriser la production faible en ressources dans tous les pays.

Les ministres ont également discuté des domaines d’action prioritaires à la lumière du rapport Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2050 (ou OCDE Environment Outlook to 2050, en anglais) qui explore les conséquences du business-as-usual et identifie les politiques susceptibles d’améliorer ces perspectives. À cet effet, plusieurs ministres ont invité l’OCDE à poursuivre l’élaboration d’indicateurs de croissances verte et ses travaux sur la mesure du bien-être et du progrès (voir l’indicateur du Vivre mieux).

Même si des lacunes subsistent dans nos connaissances scientifiques, les ministres admettent qu’il existe des « points de basculement » au-delà desquels les changements préjudiciables aux écosystèmes peuvent devenir irréversibles. Du coup, ils estiment qu’on ne peut plus attendre des « certitudes scientifiques absolues » pour fonder les politiques sur la science. Pour contribuer à une prise de décision éclairée, les ministres recommandent, notamment : d’appuyer l’éducation, la recherche et l’innovation ; de promouvoir l’adoption de processus participatifs engageant les gouvernements, les scientifiques et le public ; et de transmettre au public une information accessible qui encourage l’action.

Enfin, les discussions ont fait le point sur la 4e table ronde de l’OCDE des maires et des ministres (Chicago, 8 et 9 mars 2012), dont un important résultat est l’approbation de la Proposition de Chicago pour le financement des villes durables qui recommande l’élaboration d’un cadre de gouvernance intégré pour le développement des services de base et le traitement des questions environnementales, incluant l’adaptation aux changements climatiques, la réduction des risques de catastrophe et la planification de la résilience.

Sources
OCDE. Page de la réunion.
OCDE. Résumé des présidents.
OCDE. Conclusions politiques à l’intention de la Conférence Rio+20.
OCDE. Message au Conseil sur la mise en œuvre de la Stratégie de l’environnement pour les 10 premières années du 21e siècle.
OCDE. Stratégie de l’environnement de l’OCDE pour les 10 premières années du 21e siècle.

Dossier

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