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Universite Laval

4e réunion du Groupe de travail sur l’examen de l’application (WGRI) de la CDB

Montréal (Canada)
7 au 11 mai 2012

Le président de la GTEA-4, Kazuaki Hosino (Japon). Photo: IIDS/ENB

La 4e réunion du Groupe de travail sur l’examen de l’application (GTEA-4) constituait la première occasion d’examiner les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan stratégique 2011-2020 adopté deux ans plus tôt par la 10e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CP-10; Nagoya, oct. 2010). Sans surprise, les délégués ont surtout discuté des questions financières susceptibles de contribuer à l’atteinte des objectifs d’Aichi. Au terme des échanges, ils ont transmis huit recommandations à la CP-11, qui aura lieu à Hyderabad (en Inde), du 8 au 19 octobre 2012 (voir ce dossier). Voici les principales recommandations de la GTEA-4.

Plan stratégique 2011-2020 pour la biodiversité et objectifs d’Aichi – Comme la mise en œuvre du Plan stratégique relève des niveaux nationaux et infranationaux, les délégués ont examiné les progrès accomplis en vue d’appuyer les parties. Ces mesures incluent la mise en place d’un mécanisme de centre d’échange, le renforcement des capacités et la mise à jour des Stratégies et plans d’action nationaux pour la diversité biologique (SPANB) en vue d’y intégrer les objectifs d’Aichi. Plusieurs pays ont attribué les progrès mitigés dans la révision de leur SPANB au manque de financement et demandé un soutien « continu », « supplémentaire » et/ou « accu ». Ces discussions n’ayant pas abouti, la recommandation finale du GTEA contient quatre options qui devront être départagées par la CP. À propos du mécanisme de centre d’échange (MM), le GTEA recommande que la CP accueille favorablement le programme de travail retenu et en poursuive l’examen. Le GTEA recommande également que la CP demande au secrétaire exécutif d’engager un processus visant à établir un réseau de renforcement des capacités des centres d’excellence des pays en développement et en transition.

Mobilisation des ressources – Deux points de l’ordre du jour portaient spécifiquement sur la question du financement, à savoir sur la Stratégie de mobilisation des ressources et sur le Mécanisme financier. Dans sa recommandation sur l’examen de la mise en œuvre de la Stratégie de mobilisation des ressources, le GTEA propose que la CP invite les parties à considérer toutes les sources de financement et, dans le cadre du réexamen de leurs SPANB, à entreprendre l’élaboration d’une cartographie/analyse institutionnelle couvrant l’éventail d’options de financement disponible pour la biodiversité. À propos du Mécanisme financier, le GTEA  recommande que la CP : adopte un cadre quatriennal 2014-2018 qui serait mis en œuvre par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) ; souligne que les activités financées par la 6e reconstitution de la Caisse du FEM (FEM-6), qui couvrira la période 2014-2018, seront guidées par le Plan stratégique et ses objectifs d’Aichi ; et prenne note des besoins financiers estimés pour cette période. Notons qu’au cours des discussions, les délégués ont estimé entre 17 et 41 milliards $ US les sommes requises pour poursuivre la réalisation des objectifs d’Aichi entre 2014 et 2018.

Engagement du secteur de l’entreprise – Le GTEA a également fait le suivi de la décision X/21 de la Conférence de Nagoya qui invitait, notamment, les gouvernements et le secteur privé à engager un dialogue à travers un « Partenariat global pour l’entreprise et la biodiversité » dont la première réunion a eu lieu à Tokyo, les 15 et 16 décembre 2011. À la lumière de ces travaux, les délégués ont cherché un équilibre entre la mise en place de normes volontaires et de politiques contraignantes pour inciter les entreprises à réduire leurs impacts sur la biodiversité. Les délégués ont finalement convenu de recommander que la CP envisage la réduction des subventions néfastes associées aux politiques d’achat publiques. Ils recommandent par ailleurs que la CP appelle le secteur privé à tenir compte des normes révisées de la Société financière internationale (SFI), qui stipulent que protéger et préserver la biodiversité, maintenir les services écosystémiques, et gérer de manière durable les ressources naturelles vivantes sont des paramètres fondamentaux du développement durable.

Biodiversité pour l’éradication de la pauvreté et le développement – Ayant pris connaissance des recommandations de Dehradun issues de la première réunion du Groupe d’experts sur la diversité biologique pour l’élimination de la pauvreté et le développement (Dehradun, déc. 2011), les délégués du GTEA ont recommandé que la CP-11 invite le groupe d’experts à poursuive ses travaux et encourage l’utilisation coutumière des ressources biologiques, conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les exigences de conservation et d’utilisation durable.

Coopération Sud-Sud – Enfin, les délégués ont examiné le Plan d’action pluriannuel pour la coopération Sud-Sud dans le domaine de la biodiversité pour le développement que la CP-10 de Nagoya avait accueillie comme une ébauche avant de demander au GTEA-4 de poursuivre son élaboration pour examen par la CP-11. Entre temps, une 3e réunion d’experts sur la coopération Sud-Sud a eu lieu à Incheon (Corée du Sud, mai 2011), mais visiblement, ces travaux n’ont pas convaincu l’Union européenne qui estime que le Plan pluriannuel ne sera pas prêt d’ici à la CP-11, notamment parce que les délégués n’ont pas réussi à s’entendre sur le libellé appelant à la création d’un fonds d’affectation spéciale.

Coopération avec d’autres conventions – Le GTEA a également fait le point sur la coopération avec les conventions relatives à la biodiversité et les autres conventions de Rio (sur les changements climatiques et la lutte contre la désertification). Pour favoriser la mise en place d’une approche cohérente au niveau national, ils recommandent aux parties d’intégrer les objectifs de ces accords multilatéraux dans leurs SPANB révisés.

Enfin, les délégués ont acheminé un message à la Conférence de Rio +20 (20 au 22 juin 2012) qui marque le 20e anniversaire de la CDB. Ils y rappellent que la biodiversité est la base du développement durable et demandent aux dirigeants du monde de veiller à ce que le Sommet appelle à la mise en œuvre du Plan stratégique.

La GTEA-4 était la dernière réunion d’un organe subsidiaire de la CDB avant la CP-11.

Sources
CDB. Page du GTEA-4.
CDB. Documents du GTEA-4.
IISD. « Fourth Meeting of the Working Group on the Review of Implementation (WGRI 4) of the Convention on Biological Diversity (CBD) » in Earth Negociations Bulletin.

Dossier

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